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Oiseaux d’Amérique du Nord

Le Bruant des Neiges

N’est-il pas magnifique ? ce joli passereau aux couleurs prédisposant à nicher dans les régions montagneuses du Grand Nord où dominent les roches et la neige… Ces pays de prédilection sont la Scandinavie et le Groenland durant 7 mois de l’année, et les Laurentides le reste de l’année….

Lorsqu’il arrive dans les régions les plus méridionales du Canada, on peut penser que l’hiver est annoncé. On les voit d’ordinaire en petites volées survolant les champs à découvert et le long des grêves où ils se nourrissent principalement de graines de "mauvaises" herbes et d’insectes.

Quelque soit la saison, même l’hiver nous offre des images merveilleuses. Tant de lumière dans les champs tout blancs, la neige éblouissante est façonnée en formes douces ou tourmentées sculptées par le vent………… c’est la paix ! La vie semble figée par le froid.

Mais s’il survient un vol de bruants des neiges, unis par une mécanique subtile et infaillible, évoluant parfaitement à l’unisson, montant et descendant, montrant tour à tour, leur dos foncé ou leur ventre blanc… quel spectacle !

c’est une course fébrile d’une herbe à l’autre en même temps qu’un joyeux gazouillis continuel….

A la fonte des neiges, les bruants remontent vers le nord pour nicher. Ils affectionnent les terrains rocailleux, les escarpements, les flancs de montagnes, les falaises où se trouve la toundra de mousse. Dans l’Arctique,  pas d’arbre, alors il font leur nid dans une crevasse de roche ou de falaise, sous les pierres, ou divers creux…. Pour éviter le froid le nid sera bien garni d’herbes, de mousse, de plumes et de poils. La femelle assure seule l’incubation des 4 à 7 oeufs durant 12 à 13 jours.

 

Durant ce temps, le mâle la nourrit et aidera les petits encore 10 à 12 jours après la sortie du nid.

Le bruant des neiges est l’oiseau du Canada qui fait son nid le plus au Nord.

En hiver, dans les Laurentides, ils préfèrent les bords de routes et les terres agricoles pour y trouver les graines de toutes sortes, mais on peut les voir aussi près des mangeoires lorsque les conditions climatiques sont trop difficiles. Ils offrent alors un spectacle ravissant car en groupe, ils exécutent des chorégraphiques toujours inédites. Le froid ne leur pose pas de problème. Ils savent se cacher dans la neige pour dormir. Ils peuvent aussi affronter des températures de – 40 C sans être affectés.

Billet dédicacé à mon amie Louise qui m’a fait connaître ce magnifique oiseau ! merci.

 


La Paruline ou sylvette masquée

 

Ce joli petit oiseau à tête noire et or, très présent sur le continent nord américain, s’aventure quelquefois en Europe.

 

On l’appelle Paruline ou Sylvette masquée. C’est un petit passereau proche de nos fauvettes. Elle est très répandue dans les bois de ses régions d’origine, mais bien qu’elle arbore des couleurs vives, il est très difficile de l’apercevoir car elle se tient souvent à couvert, dans les buissons épineux et les roselières.

 

Pour voir les parulines, il faut chercher leur habitat de prédilection, près de l’eau, parmi les joncs, les massettes, les roseaux, les phragmites et autres saules qui poussent en zone humide. Les parulines sont très communes dans toute l’Amérique du Nord, d’où elles migrent en masse vers des contrées plus chaudes dès l’automne.

 

Le mâle et la femelle forment un couple à la fois harmonieux et contrasté. Le mâle arbore un masque d’un noir d’encre et une gorge jaune d’or, alors que la femelle plus pâle, est totalement dépourvue de noir. Elle est cependant élégante, dans un genre plus discret, avec sa tête brun olive, sa gorge d’un jaune plus mat, son dessous tabac blond et un cercle brisé blanc autour de l’œil.

 

Comme un éclair fugace

 

Le bavoir jaune vif du mâle est souvent tout ce que l’on peut apercevoir de l’oiseau, parmi les branches épineuses.

 

A la saison des amours, le mâle se juche sur une branche bien dégagée pour y entonner un air vif, entraînant et répétitif. Ce chant audible de très loin, est caractérisé par une force et une puissance étonnantes pour un si petit oiseau.

 

Sur leur territoire de nidification, les parulines masquées ne volent ni très loin, ni très vite. Elles se contentent de passer du couvert à l’air libre et inversement en lâchant un petit "tzep" qui rappelle le bruissement d’une décharge électricité invectivant de forts et véhéments techk-tchek ! d’alarme, qu’il répète aussi longtemps que nécessaire.

 

Agent discret !

 

Les parulines masquées circulent sans cesse à couvert dans les végétations des berges et des marécages cherchant des insectes et des larves.

 

Les insectes constituent l’essentiel de son régime aussi elle prospecte furtivement le sol, en se faufilant entre les roseaux et autres plantes d’eau… elle s’intéresse surtout à la partie basse des broussailles où elle prend insectes et araignées sur la végétation. De temps en temps il lui arrive de prendre son envol pour attraper un coléoptère ou une mouche en vol, à d’autres occasions elle complète son repas d’un escargot et de quelques graines.

 

Cette couverture au sol n’est pas seulement importante parce qu’elle lui fournit ses proies mais elle lui procure également un abri qui la protège de ses propres prédateurs : serpents, tortues, ratons laveurs, opossums et autres pilleurs de nids comme les corvidés….

 

Silence, on couve .!

 

Déjà prudentes de nature, les parulines le sont encore plus en période de nidification.

 

Une semaine après le retour des mâles de leur migration, les femelles arrivent sur les zones de nidification.

 

Les sylvettes masquées commencent à s’accoupler dès que les femelles arrivent sur les zones de nidification entre mars et mai. Au beau milieu de la saison des amours, en juin, le mâle chante à tue-tête…….. Ailes palpitantes, il monte en flèche à 6 ou 7 m d’altitude pour lancer ses trilles aigus à la cantonade, avant de redescendre dans l’herbe, où il susurre le reste de la mélodie à sa partenaire.

 

Séducteur masqué

 

Le masque noir du mâle joue un rôle très important dans sa technique de séduction de la femelle, un peu comme s’il indiquait le nombre de petits que le géniteur serait capable de produire. Il semble bien, en tous cas, que les mâles au masque le plus développé aient une grande énergie sexuelle et s’accouplent plus que les autres. On voit parfois des femelles déjà accouplées tomber sous le charme d’un mâle au large masque. Elles s’en vont alors batifoler avec ce beau masque et certains mâles engendrent ainsi des progénitures plus ou moins légitimes.

 

Futurs parents

 

C’est la femelle qui choisit le site de nidification, généralement situé dans une végétation dense, au bord de l’eau, ou parfois au-dessus de l’eau dans une touffe de roseaux ou de joncs. Elle peut aussi adopter le cœur d’un buisson épais ou d’une grosse touffe d’herbe, plus rarement un saule ou un « chou puant » bien connu au Québec. Elle y tisse une coupe irrégulière d’herbes sèches, de phragmites, de lanières d’écorces et de fougères, qu’elle garnit enfin de radicelles, d’herbes fines et de poils.

Dès que le nid est terminé, la femelle dépose 3 à 5 œufs blanc cassé, finement ponctués de brun, de noir et de gris à leur gros bout. Elle assume l’essentiel de l’incubation pendant les 12 jours nécessaires. Le mâle la nourrit durant cette période.

Le couple de sylvettes se montre très prudent lors de leurs déplacements jusqu’au nid. Ils ne s’y rendent jamais directement, mais y accèdent après force détours à couvert destinés à égarer un éventuel poursuivant.

 

A l’éclosion, les oisillons ont une peau orange clair couverte d’un duvet clairsemé gris clair. Leurs bouches teintées de rouge sombre, que borde le jaune de leurs becs. Les deux parents s’emploient, s’épuisent même, à capturer un maximum d’insectes pour élever leurs petits.

Les jeunes quittent le nid seulement 8 jours après leur éclosion et volent à 10 jours. Les adultes continuent à les nourrir pendant encore 20 jours, jusqu’à ce qu’ils puissent le faire eux-mêmes. Beaucoup de couples entreprennent une seconde couvée. Le mâle assume alors la responsabilité jusqu’à la fin de l’élevage de la première, en continuant à nourrir les petits, pendant que la femelle construit toute seule un second nid, où elle entreprend une autre couvée.

 

"Là parmi les oiseaux, l’Amour vient se poser ;

Là sous les antres frais habite le baiser"

André Chénier – Elégies


Le grand Géocoucou

Un oiseau fascinant

 

Brun zébré de blanc, le grand géocoucou est un grand oiseau aux yeux perçants et jaunes. Sa longue queue équivalente à son corps, son bec long et pointu, sa tête surmontée d’une crête noire plus ou moins érectile, des petites ailes courtes et rondes avec un croissant blanc sur les primaires des jambes longues et minces au bout desquelles quatre doigts pourvus de griffes placées en X dites zygodactyles, le font ressembler plus à une espèce de reptile du temps des dinosaures qu’à un joyeux coucou. Mâle et femelle sont semblables, lui étant plus grand qu’elle… le juvénile est vert bronze.

 

On l’appelle grand géocoucou, ou coucou de Californie ou encore coureur de route, son nom américain est roadrunner.

 

Il vit surtout dans le sud ouest des USA, ou au Mexique, dans le désert composé de buissons clairsemés pour s’abriter ou les zones herbeuses pour se nourrir. Nourriture composée essentiellement d’insectes, lézards, serpents, souris, scorpions, tarentules… Mais il consomme aussi des fruits et des graines.. Il est donc omnivore… et peut être un prédateur pour les petites cailles, les moineaux ou les colibris… Il est réputé pour être un fameux tueur de serpent qu’il tue en transperçant sa tête.

 

Le grand géocoucou ne vole pas bien ou sur de courtes distances quand il n’a pas le choix… Il préfère courir (d’où son nom) et il peut battre des ailes pour courir plus vite… et ainsi atteindre des vitesses de 30 km/heure, le cou tendu, la queue dans l’alignement du corps, pratiquement à l’horizontal…. Une fois sa proie attrapée, il la frappe sur quelque chose de dur pour l’assommer avant de la consommer. Il peut aussi sauter pour attraper un insecte par exemple.

 

   Tout à fait adapté au désert

 

Son adaptation au désert est stupéfiante, et lui permet d’entrer en hypothermie la nuit pour conserver l’énergie… mais également l’eau.. Notre oiseau possède des glandes nasales lui permettant d’évacuer le sel.

 

Il est capable de rester longtemps sans boire pour peu que sa nourriture contienne de l’eau. Il peut réduire de 50 % son activité sous la chaleur de la demi-journée… Après une nuit dans le désert, il se réchauffe au soleil en ébouriffant ses plumes pour exposer sa peau au soleil. Celle-ci est noire afin de mieux absorber l’énergie solaire.

 

Son chant fait penser à celui d’une tourterelle mais en alerte le grand géocoucou lève sa crête et sa queue en émettant des séries de « coos et en claquant du bec.

 

Une reproduction à la carte…

de la météo !

 

Contrairement à nos oiseaux européens particulièrement, le grand géocoucou n’a pas de saison particulière pour assurer sa descendance… elle est fonction des pluies entraînant plus de nourriture.

 

Le mâle effectue sa parade nuptiale en poursuivant la femelle avec des arrêts fréquents, des offrandes de nourriture et des attitudes ponctués de « coos »… Le couple est uni pour la vie.

Ils fabriquent un nid à 10 cm de hauteur dans un cactus ou un petit arbre au fond duquel ils installent des rameaux de bois, de l’herbe et des plumes, parfois une peau de serpent… Papa et maman gécoucou se relaient pour couver les 3 à 6 œufs que maman a pondu. La couvée dure 20 jours et 3 semaines après la naissance des petits, ils peuvent courir et chasser tout seul mais il faut savoir que seuls les plus forts survivent.

  Ce n’est sûrement pas une légende

 

Certains cowboys racontent avoir vu des grands géocoucous construire une clôture avec des morceaux de cactus, enfermant ainsi un serpent pour le piéger et le tuer ensuite.


La Bernache du Canada

 

Après avoir vu et revu le magnifique film documentaire « Le peuple migrateur » de Jacques Perrin, j’ai bien entendu adhéré totalement à ce film sans scénario qui me faisait vivre au rythme des grands migrateurs survolant des paysages grandioses où l’homme n’apparaît quasiment pas. Je l’ai vu et revu sans me lasser mais bien au contraire toujours avec des yeux neufs….

Dans ce film on voit en particulier des oiseaux magnifiques, dotés d’un sens que l’homme ne sait pas encore imiter malgré ses satellites et autres GPS : retrouver l’endroit où ils sont nés alors qu’il leur faut accomplir des milliers de km.

Parmi ces beaux migrateurs il en existe un qui se nomme :

La Bernache du Canada.

 

Vol caractéristique en V

L’un des signes les plus sûrs du changement de saison est le vol en V caractéristique des Bernaches cacardant pendant qu’elles passent au-dessus de nos têtes.

On la reconnait facilement, pour les Canadiens qui ont  la chance de les observer car c’est une petite oie au cou noir avec des joues blanches. Les flancs sont brun gris, le bec court et noir, un peu triangulaire. Les pattes sont noires et palmées car la Bernache aime l’eau. Je teminerai ce portrait par une queue courte et arrondie. Les scientifiques s’accordent pour reconnaître 11 races de Bernaches plus ou moins grosses, la plus petite pesant 1,1 kg et la plus grande 8 kg. L’envergure des ailes se situe entre 90 cm et 2m selon la race ; le cou est également plus ou moins long, mais en général plus l’oiseau est gros plus le cou est long.

On peut trouver la Bernache dans tous les lieux humides, petits étangs, lacs et rivières car elle passe autant de temps sur l’eau sinon plus, que sur terre.

La bernache mange beaucoup prinipalement des herbes, racines, feuilles et autres matières végétales, mais elle peut aussi se nourrir de restes de céréales et des grains laissés dans les champs, ce qui l’occupe jusqu’à 12 heures par jour ; elle se constitue des réserves particulièrement nécessaires quand elles se préparent au long voyage migratoire. La femelle au printemps doit avoir les réserves adipeuses pour lui permettre de faire son retour de migration, suivi de la ponte et de la période d’incubation où elle aura peu de nourriture.

 

Des liens familiaux très forts !

 

La bernache du Canada ne se reproduit pas avant l’âge de 2 à 3 ans. Elle préfère les terres basses avec de vastes étendues de prés herbeux et humides ce qui leur permet d’observer et voir venir leurs prédateurs. Elle peut aller rapidement ainsi dans l’eau quand elle n’a plus le chooix. Quand vient le temps de choisir un nid, la femelle revient à l’endroit où elle a vu le jour, et reviendra chaque année pondre dans ce même nid sauf cas exceptionnel. Le compagnon ou la compagne choisi(e) le sera pour la vie sauf décès de l’un d’entre eux auquel cas, la bernache se trouvera un autre compagnon.  C’est un oiseau très fidèle. Le nid est à terre et constitué de branches entre-mélées recouvertes de plumes et duvets. La couvée compte 5 à 7 oeufs, plus les oies sont jeunes et moins il y aura d’oeufs. La femelle couve de 25 à 28 jours tandis que son compagnon monte la garde à proximité, se rapprochant du nid dès qu’il le pense en danger (le mâle éloignera alors le prédateur du nid) ou dès que la femelle a besoin de s’en éloigner. La femelle ne quitte le nid que de brefs moments pour se nourrir, boire et se laver. Les oisons communiquent avec la mère avant même d’être sortis de leur coquille. Une fois les oeufs éclos, les oisons, recouverts d’un duvet jaune olive, répondent différemment à divers cris émis par leurs parents, ce qui indique un degré de communication perfectionné. Les bernaches ont des sons très particuliers qu’ils n’utilisent qu’avec leurs petits.

Leur éducation est assurée par les deux parents. C’est une famille très unie qui passe beaucoup de temps ensemble. Les oisons vont rester avec leurs parents environ 1 an. La baignade est fréquente, la femelle est suivie des oisons tandis que le mâle ferme la marche : un bataillon est en route pour le marais. A la fin de l’été, les jeunes peuvent s’envoler et il est difficile de les différencier de leurs parents. Ainsi les bandes migratrices à l’automne et au printemps comprennent un bon nombre de familles voyageant ensemble.

C’est alors que se rassemblent des milliers d’oiseaux qui dès qu’ils sentent le sol gelé sous leurs pattes s’envolent pour le grand voyage. C’est un spectacle fascinant que de voir les bernaches qui fendent le ciel en cacardant dans de longues formations en V. Ce qui constitue un des présages du changement de saisons. On sait maintenant que ce vol en V permet de soulever l’air et d’aider les suivantes à économiser l’énergie. Cette configuration produit l’effet du "tirant" et la bernache qui suit, telle le cycliste en course, profite des courants d’air produits par la bernache de tête. Le second but de cette configuration est de coordonner les mouvements de la bande en communiquant plus rapidement et efficacement les changements de vitesse ou de direction à tous les membres de la bande.

Leur migration les conduit du Canada, vers le littoral Est des Etats-Unis ou le NE du Mexique, en ce qui concerne la migration automnale.

Au printemps, elles reviennent vers leurs sites de ponte plus lentement. Elles effectuent de plus fréquents arrêts pour se nourrir. Elles suivent la fonte des neiges et remontent doucement vers le Canada.

La population de bernaches, grâce à une politique intelligente et à des réserves interdites de chasse n’est pas en danger mais au contraire en constante augmentation. C’est oiseau peut vivre 10 ans pour la plupart et jusqu’à 24 maximum.

 

 

 


Le Cardinal de Virginie

LE ROUGE FLAMBOYANT !

Avec son plumage rutilant, sa huppe flamboyante et son chant continuel,
le cardinal mâle n’est pas à classer parmi les oiseaux discrets, ou timides
 
Voilà un oiseau bien nommé car exceptée une bavette noire, le plumage du cardinal mâle est entièrement rouge écarlate y compris son bec massif. Une couleur qui lui a également valu l’appélation "d’oiseau rouge" ! La femelle a un plumage brunâtre et n’a de rouge que le bec.
Il est très courant dans toute la partie Est des Etats-Unis. Le beau cardinal au plumage rutilant apporte sa touche de couleur dans les jardins à l’Est des Rocheuses.
c’est un territorial. Il vit toute l’année tout près de son lieu de naissance, généralement en lisière de forêt, dans des taillis marécageux ou dans les parcs et jardins. Il paraît que c’est au coeur de l’hiver qu’il arbore son plus beau plumage mais c’est peut-être à cause du contraste formé avec les branches dénudées ou la neige qu’on le remarque plus.
 
Monsieur et Madame forment un couple de chanteurs même si le mâle s’égosille un peu plus que la femelle. Ils chantent souvent en duo, se répondant de leurs trilles "tou.ouit ou po ouit". Ils se répètent mutuellement leurs phrases, ce qui contribuerait à cimenter le couple. Dans un couple ne faut-il pas se parler pour toujours être sur le même tempo !!!!
 
A la saison des amours, le chant joue un rôle important, tout comme la couleur du plumage. Mais si le rouge est souvent le symbole de la séduction, le cardinal mâle l’utilise davantage comme signal de dissuasion envers les autres mâles.
 Dès le mois de janvier, le mâle commence à délimiter son terriroire avec grande vigilance et si un autre mâle y pénètre il s’ensuit une poursuite aérienne qui peut même se terminer en bagarre. Ces attitudes menaçantes, accentuées par la couleur flamboyante du plumage ont pour but d’écarter les rivaux. Elles s’accentuent particulièrement au moment des parades nuptiales. Après avoir signifié aux intrus de se tenir à l’écart de son territoire, le mâle commence sa cour.
 
Fin mars à début avril, le mâle chante et danse pour séduire Madame. Perché sur une branche située au dessus de la femelle, il allonge son cou, se balance d’un côté et de l’autre et avance progressivement vers elle en redressant fiérement sa crête écarlate. La dame de son coeur, au plumage terne, ne peut qu’être conquise devant tant d’éclat ! Il vole en chantant à ses côtés, les plumes du poitrail et de la crête dressées. Au sol il s’incline devant elle. Ils se font des exhibitions mutuelles. Ils se balancent côte à côte… Chacun copie les gestes de l’autre, ce qui fait que le couple ondule de concert. Quand la femelle est prête à s’accoupler, elle l’indique d’un tsiii ! bien net.

 
Ensuite elle se met en quête d’un site de nidification, dans un fourré, un buisson épineux ou un massif d’un bois, d’un parc ou d’un jardin. La construction est soignée. La femelle assemble des brindilles souples et fines pour charpenter une coupe profone à environ 1,50 m du sol. Ensuite elle tisse des lanières d’herbe, d’écorce de vigne dilacérée et de feuilles sèches. Elle y ajoute parfois des brins de papier découpés avant de garnir le fond de paille fine qu’elle façonne en poussant les brins de sa poitrine. Elle relie ensuite des brins plus longs aux branches qui surplombent le nid afin de bien l’arrimer. Elle ajoute enfin un tapis de radicelles, d’aiguilles de pins et de poils. 9 jours seront nécessaires pour finir son nid. Le mâle participe parfois à la collecte des matériaux mais le plus souvent il se contente d’encourager la femelle, il l’escorte, la protège, la nourrit et fournit l’accompagnement musical.
Elle dépose 3 à 4 oeufs gris bleu gris qu’elle couve 15 jours, nourrie par le mâle. Elle quitte brièvement le nid, pour lisser ses plumes, se détendre et se baigner. Les oeufs, puis les oisillons sont des proies faciles pour les serpents, les geais, les corbeaux, les renards, les ratons laveurs, les opossums, les écureuils et les chats…. ouf….
 
Après l’éclosion la femelle reste au nid durant quelques jours pour tenir les petits au chaud et au sec. Les oisillons émettent des appels d’une voix haut perchée pour encourager les parents à les nourrir. Au bout de 10 jours de nourrissage les jeunes possèdent leurs plumes de vol mais ils vont suivre leurs parents durant 3 à 4 semaines en réclamant à manger. Très vite, c’est le mâle qui va nourrir la tribu car la femelle va construire un nouveau nid pour une seconde couvée. Le couple va élever au moins 2 couvées par an.
 
Les jeunes seront nourris d’insectes en quantité mais selon les saisons les cardinaux mangent graines, baies et fruits.
 
C’est un oiseau emblématique et son plumage unique en fait la mascotte toute trouvée pour nombre de jardins, de parcs et de stades mais aussi le favori des amateurs d’oiseaux.

 

 

une légende indienne cherokee explique ainsi l’origine des inimitables plumes rouges du cardinal :
"il y a très longtemps, un loup épuisé vint s’endormir près d’une rivière, après une longue journée de chasse au raton laveur. Voyant le loup ainsi abandonné, le raton laveur descendit de son arbre et badigeonna de boue les paupières du loup. La boue sécha et à son réveil, le loup ne put ouvrir les yeux.
Entendant les gémissements de désespoir, un oiseau brun descendit voir. Le loup demanda de l’aide à l’oiseau et grâce à son gros bec dur fit éclater la croûte de boue. Le loup recouvra la vue. Eperdu de reconnaissance, il n’eut de cesse de trouver à son tour un service à rendre à l’oiseau. Aussi lorsque ce dernier entema sa mue, le loup l’emmena sur un affleurement de roches rouges où il couvrit l’oiseau de poussière écarlate et déclara que tous les descendants à l’avenir aurait une magnifique livrée vermeille. Et c’est pourquoi le cardinal arbore son plumage rutilant"
 
Pourpre cardinalice
le nom scientifique du cardinal est Cardinalis cardinalis. En latin classique, cardo signifie pivot, gond de porte ou au figuré " qui sert de pivot"… sur lequel tout repose. Cela renvoie à la fonction de Cardinal dans la hiérarchie de l’Eglise Catholique romaine. Les Cardinaux assument la gestion d’ensemble et élisent le Pape. La fonction est soulignée par la soutane et la calotte toutes deux pourpres. C’est le religieux qui a donné son nom à l’oiseau et non l’inverse. L’oiseau découvert à peu près en même temps que l’Amérique a reçu tout naturellement ce nom à une époque où l’Eglise était omniprésente. 
 

Le Geai Bleu

Aussi Beau que Bruyant !

 
En Amérique du Nord, il est impossible d’ignorer le geai bleu qui est l’un des plus beaux oiseaux du jardin, aussi coloré que malin et tapageur !
 
Le téméraire geai bleu n’est pas discret et marque généralement sa présence avec force cris sonores et moqueurs.
 
Son habitat naturel est la forêt de chênes et de hêtres où il trouve glands et faines à foison. Mais on le rencontre plus à l’orée de la forêt.
 
Comme tous les oiseaux, il est opportuniste et exploite les nouvelles opportunités que lui propose la prolifération des tables à oiseaux bien garnies de noix et graines, ce qui favorise son expansion géographique.
 
De Bleu Vêtu !

 
 
Le geai bleu, dont la robe camaïeu de bleus finement soulignée de noir, brise souvent la paix du jardin de son cri rauque et puissant qui gagne en puissance à mesure de l’augmentation de son excitation. Il a toute une gamme de sons, sifflant à l’occasion. Il peut même durant les amours avoir un riche arrangement de notes.
 
Le geai bleu trouve généralement sa nourriture au sol et dans les arbres des forêts, et stocke noix, graines et glands.
 
Tout au long de l’année, son régime est essentiellement végétarien, incluant selon les saisons, les airelles, myrtilles, cerises et raisins sauvages. Son bec lui permet de briser les coquilles des noix et graines qu’il tient entre ses pattes.
 
Dans sa gorge il a une vaste poche qui lui permet de transporter ses victuailles afin de les stocker pour l’hiver. Tout comme en Europe le geai des chênes, il en stocke beaucoup et oublie quelquefois les lieux ce qui fait de lui un planteur d’arbres, les graines non mangés germant le printemps revenu.
 
Bleu Sauvage !

 
Voyant, bruyant, voire strident en temps normal, le couple de geais bleus devient très discret à la saison des amours.
 
La nidification commence à la mi-mars. De petits groupes de geais mâles cherchent les femelles solitaires au niveau de la cime des arbres. Quand il descend à terre, le mâle secoue la tête pour éloigner ses concurrents. Le groupe s’amenuise jusqu’à ce que l’oiseau le plus audacieux gagne. Les partenaires entament une cour faite de jeux et de cadeaux nourriciers qui jouent un grand rôle dans le renforcement du couple.
 
Après plusieurs essais, le nid est enfin construit. Il commence par une plateforme de frêles brindilles, bien cachée à une hauteur qui peut aller jusqu’à 6 m. de haut. Ils nichent souvent dans les pins ou les cèdres, dont les aiguilles offrent à la fois asile et protection. L’amoncellemnt de brindilles se poursuit, ainsi que de radicelles, de morceaux d’écorce, de feuilles et de mousses sèches. Pour accélérer la construction, les geais bleus récupèrent souvent un ancien nid.
 
Le couple de geais bleus prend soin de ne pas indiquer la direction de son nid et prend des chemins détournés. Ils communiquent par de discrètes mélodies susurrées.
La femelle dépose 4 ou 5 oeufs à la coquille bleu profond. Elle assume l’essentiel de l’incubation pendant 16 à 18 jours, quittant rarement le nid. Durant ce temps, le mâle nourrit sa femelle. Le couple élève généralement une seule couvée par an ; parfois deux mais plutôt dans les états du sud.
 
Pour effronté qu’il soit à l’âge adulte, le geai bleu nait tout nu, aveugle et totalement dépendant. Trois heures après sa naissance le petit geai relève la tête, ouvre le bec et réclame à manger. Les premières plumes, avec des motifs bleus et noirs, commencent à pousser vers 8 à 9 jours. A 21 jours il est prêt à voler. Au début, ses ailes faibles et sa queue courte ne lui permettent pas de voler sur de longues distances ce qui le rend vulnérable mais s’il est attrappé par un prédateur, il crie furieusement et attire ses parents à son secours. Les jeunes sont encore nourris même une fois sortis du nid, mais 3 mois après leur envol, il est difficile de reconnaître un jeune d’un adulte.
 
Rusé Imitateur !
Le comportement impérieux du geai bleu lui vaut parfois
une mauvaise réputation
mais sa beauté rend sa présence désirable au jardin !
 
Il fait sa loi dans le jardin et chasse les petits oiseaux. Ces cris stridents ameutent souvent ses congénères qui le rejoignent rapidement. La meute ainsi formée malmène l’oiseau (faucon ou hibou se trouvant dans le voisinage), ou le chat dont les intentions sont claires, jusqu’à ce qu’il évacue les lieux. 
 
On sait que les geais bleus migrent vers le sud en automne et reviennent au nord au printemps. Ils voyagent de jour, en groupes,  mais assez haut et en silence ce qui fait qu’on ne sait pas très bien qui voyagent ni où ils vont.
 
Le geai bleu est un brillant imitateur. Il reproduit notamment le cri du faucon à épaule rouge ce qui a pour but de semer la panique parmi les autres oiseaux, et lui laisse tout loisir de piller les nids des petits oiseaux partis se mettre à couvert.
 
 
Légende
 
Le geai comme beaucoup d’oiseaux est à l’origine de nombreuses légendes. J’en ai retenu une qui m’a amusé.
"le geai bleu était considéré comme le messager du diable et son espion sur terre. Cette réputation serait due à un écart de conduite perpétré jadis par le geai bleu tandis que le Christ souffrait sur sa croix".
 
"on ne voit (paraît-il) jamais de geai le vendredi car l’oiseau passe la journée à apporter des brindilles au diable pour alimenter les feux de l’enfer".
 
Ce qui explique la bruyante agitation du geai bleu le samedi matin : il célèbre son retour sur terre.  (Mais peut-être le geai bleu paraît-il très bruyant le samedi matin car il réveille les hommes qui préféreraient faire la grasse matinée).
 
 
 

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